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Lundi 19 juin 2006

Jour J-4

Dimanche 18 juin 2006

Comme dans la Rome antique, notre société continue de fournir aux peuples des "jeux et du pain" afin de faire taire, momentanément, les tensions, les revendications, les mal-êtres.
Dans l'Antiquité il y avait les jeux du cirque, une bonne rasade de violence et de sang pour faire oublier la disette, le manque d'accomplissement social. Il y avait aussi le pain, distribué, à cette occasion-là, gratuitement. Manger, rire et assouvir ses plus bas instincts, il n'en faut pas plus pour éloigner les critiques sur le pouvoir en place.
Aujourd'hui, c'est la coupe du monde et les grands raouts sportifs qui remplacent ces jeux ultra-violents (le football n'est souvent pas mieux). De quoi éloigner aussi pendant un bon mois les craintes sur l'avenir du pays, la grogne sur le pouvoir d'achat et les "ras le bol" sur le chomage ou les retraites.
Qu'elle était attendue cette échappée -belles ?- des préoccupations quotidiennes : le petit dernier qui n'arrive pas à trouver de boulot; l'augmentation des matières premières et en premier lieu du pétrole, donc du coup de la vie et des déplacements individuels; les crédits à la consommation qui frappent à la porte de façon de plus en plus insistante (normal on a explosé le budget familial avec le dernier écran géant plasma pour profiter pleinement de la fameuse coupe du monde !) et nous passerons sur les problèmes écologiques divers et variés, qui hypothèquent invariablement l'avenir de notre planète.
Comme par hasard, c'est cette période qu'a choisi le gouvernement pour faire passer une réforme inepte de Gaz de France.
Heureusement que les députés de la... majorité l'ont ouvert à temps ! Faisant de fait reculer un premier ministre qui n'en finit pas de dégringoler dans l'impopularité, déconsidéré et brocardé par sa propre majorité.
Restons donc des plus vigilents en cette période de délire footbalistique. Tout peut arriver !

Jeudi 15 juin 2006

Je ne suis absolument pas surpris que l'UDF, François Bayrou et ses députés frondeurs soient depuis peu considérés par le CSA comme étant des représentants de l'opposition.
Le CSA vient tout simplement d'officialiser, ce que pas mal de français -dont je suis- pensent  : l'opposition socialiste est au Centre depuis... plusieurs années !

Mercredi 14 juin 2006

Week-end chargé pour le Choeur.
Deux concerts consécutifs, dans un site magique, mais à l'acoustique plutôt merdique.
C'est en ce mois de juin que l'ensemble est au mieux de sa forme.
Deux répétitions par semaine pendant 8 mois, ça paye, même si, pas mal de petites imperfections traînent encore.
La chapelle du Palais est splendide. Gothique. Etoilée. Sobre cependant. Elle surplomble l'ensemble de l'édifice.
Pour une fois il ne fait pas une chaleur à crever, si bien que je n'ai que très peu utilisé le petit kleenex glissé dans ma poche (ma technique est très au point : on salue... et hop je m'éponge le front arrivé au plus bas de la courbette !).
Les concerts sont d'une bonne tenue. Le plaisir des choristes est évident, même si l'acoustique déconcertante, les met mal à l'aise.
Il y a pour moi, dans la deuxième partie, ce petit solo d'à peine 30 secondes, dans le Elias de Mendelssohn. C'est fou comme on peut se faire une montagne d'une si petite chose !
Déjà dans le morceau précédent, un Stabat Mater de Schubert, je sens mon coeur battre plus fort, plus vite. Déjà je sens mon souffle s'accélérer, l'air me manque un peu parfois.
Puis le silence se fait.
Applaudissement.
Je passe entre les filles du premier rang. "Pardon, pardon, c'est à moi"...
Je suis devant "le chef". Je tente de faire abstraction des gens au premier rang que je vois distinctement. Ma co-soliste, c'est un duo en fait, me jette un regard rapide, malgré son talent et sa pratique de la chose, je sens qu'elle aussi à le souffle un peu court. Un peu de trac dans l'air, entre nous.
Elle entame son solo.
Le piano nous accompagne de quelques notes finement ciselées.
Sa phrase, comme la mienne et très courte. C'est à moi.
Là, miracle, le trac se meut en énergie pure. Je me contente de fixer la rosace, kaleidoscope de couleurs, juste en face de moi. Je me laisse impregner de la musique, du lieu, de la mystique du lieu et du mariage entre la musique et cet endroit... c'est fini. Si vite. Trop vite.
On prend goût à avoir peur !

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