Comme je l'écrivais dans mon article précédent, en général, en fin d'année, il y a le speed.
Le speed essentiellement d'un boulot qui s'emballe, qui me mène à Paris 3 fois en 3 semaines (32 heures de train au total !); qui me jette dans l'étude de chiffres et de données statistiques pharaoniques; qui m'envoie en réunion à 200 kilomètres là... alors que j'ai une autre réunion à 300 kilomètres, ici, dans l'après-midi.
Bref, la fin de l'année, en général, va vite, très vite, trop vite.
Si bien que cette année, là, ce soir, devant mon ordinateur, je me rends compte avec stupeur que nous sommes à une semaine de Noël.
Déjà !
Je n'ai même pas encore fait mon sapin et je dois avouer que je n'en ai guère envie, alors que la maison est sans-dessus-dessous et que nous vivons, BYB et moi, dans une minuscule petite pièce ! En attendant mieux certes.
...
Puis viendra la question sempiternelle : "que faisons nous pour le jour de l'an ?" (cette question me donne envie systématiquement d'aller me jeter sous un 38 tonnes).
Ces fêtes de fin d'année auront cependant un goût un peu spécial cette année. Nous déménageons à la mi-janvier et il va nous falloir, pendant les quelques jours de congés que je m'octroie, emballer, trimbaler et bringuebaler une foultitude de choses, cartons, bibelots... les congès seront-ils vraiment des congés ?
Mais j'ai beau me plaindre, j'ai beau crier au speed, j'ai beau m'inquiéter à tort ou à raison, je me demande quand même où je trouve toute l'énergie pour mener de front ces petites et grandes choses de la vie !
La présence d'un beau garçon aux yeux bleus limpides de 1,83 mètres auprès de moi n'est certainement pas étrangère à cette résistance qui me surprendra pourtant.
Mais où vont donc chercher notre corps et notre mental la force de continuer et de se ressourcer sans cesse ?
C'est enfin fini.
Depuis le tout début de la semaine, le maison grouillait de bruits sourds, de coups secs, de voix étouffées.
Des fantômes ? Cette grand-mère morte parmi ses chats (80 m'a-t-on dit), ici, dans ma maison, serait-elle en train de revenir d'entre les morts ? Carmen Cru ferait-elle un revival ?
Non.
Depuis lundi, je suis en travaux. Enfin, pour être plus exact, la maison est en travaux.
Depuis lundi, je ne suis plus chez moi.
La fine équipe du bâtiment arrive à 8h00, heure à laquelle, je me prélasse en général, le regard embué, devant ma ricoré. Mais depuis 3 jours, plus question de traîner avec l'ami du petit déjeuner. Quand on est dans la maçonnerie, on se lève tôt, on bosse dur et on répend un nuage de ciment sur son passage !
Je viens, avec ces quelques menus travaux -une terrasse remise à neuf tout de même- de toucher à la limite de ma légendaire tolérance. Je ne me sens plus chez moi, j'ai l'impression d'être ici en étranger et, pire, d'être tout le temps sale.
Avec BYB, nous avons pourtant bien veillé à ne rien laisser traîner qui puisse être sali ou dégradé. Mais du coup, je me sens moi-même sali et... dégradé, enfin, presque !
J'ai pris conscience que j'ai besoin par dessus tout de préserver... mon antre, ma tanière et d'éviter qu'elle soit souillée. Suis-je pour autant un vieux loup, un renard mal leché dès lors que l'on touche à mon petit univers ?
L'ours mal léché n'est pas trop loin, je le reconnais (pardon BYB). Je ne suis donc qu'un animal, pensant, mais un animal tout de même.
Pourquoi ai-je tant besoin de maîtriser cet environnement immédiat, d'astiquer et de remuer avec régularité -sur un petit air de musique funk pour le style quand même- aspirateur; chiffon; plumeau swifer et produits d'entretien en tout genre ? Pourquoi, invariablement, après une séance de ménage virile, est-ce que je me sens si bien ?
Mystère de l'âme humaine.
Car, oui, nous parlons bien ici de l'âme humaine : de conditonnements; de stimuli; des méandres de nos cerveaux dont il s'agit. D'éducation aussi ?

C'est peu de dire que Paris est "la ville lumière".






