Samedi. Réveillé aux aurores (10h00 tout de même) par ça :

Remis en main propre par une dame très humble et une jeune fille non moins sympathique. Dans ce formulaire je trouve ça :

Illisible à l'écran, mais en substance ça donne ça : "...que dit la Bible ? : "Ne vous égarez pas. Ni fornicateurs [...] ni hommes qui couchent avec des hommes n'hériteront du royaume de Dieu".
Cette bonne-femme avec ses airs de sainte-ni-touche est en gros venue m'insulter sur le pas de ma porte.
Me jeter en plein visage une fin du monde imminente et dévastatrice lors de laquelle, je, tu, nous n'aurons pas la chance d'être sauvés.
Quels conseils ai-je donc à recevoir d'une versaillaise du samedi matin, emperlousée et contrite ?
Pourquoi les témoins de Jéhovah dégoulinent-ils de compassion ?
Pourquoi cette bonne-femme portait-elle une robe aussi odieuse ?
Pourquoi avais-je du mal à cacher une éréction matinale sur le pas de ma porte ? Pourquoi en étais-je géné ?
Pourquoi n'avais-je qu'un truc en tête en ouvrant la porte : "put... je suis super mal coiffé" !
Pourquoi la religion, cette énorme invention, me saute-elle comme ça au visage alors que je viens de quitter les douceurs de mon lit ?
Pourquoi ce tract annonce-t-il la fin de la religion catholique et pas celle de l'Islam ou de la religion juive ?
Pourquoi ce support est-il régi par les régles du marketing ? (couleurs rouges sang à l'intérieur, dans la partie "mauvaises nouvelles, vous allez tous crever" et bleu pastel sur le dernière de couv. dans la partie "Jéhovah a LA solution pour sauver tes miches").
Pourquoi toute une partie de ma famille croit-elle en ce dogme idiot et naïf ?
Pourquoi devrais-je avoir besoin de justifier de ma sexualité ?
Pourquoi faire le bien ne suffit-il pas ? Faut-il en plus que je baise "bien" (dans le sens religieux du terme, quoique "baise" n'est pas vraiment approprié) pour assurer le salut de mon âme ?
Pourquoi ces questions me chagrinent-elles autant alors que je ne cesse de clamer mon athéisme ?

Vision au travers de l'une des fenêtres du château de Cas en Tarn et Garonne.
Demeure cossue, encore ponctuellement habitée par le Comte de Lastic. Il l'ouvre largement à la convoitise et aux regards curieux de nombreux visiteurs.
Impression diffuse, mais persistante que l'on me prend pour un "couillon". Que l'on veut m'en donner pour mon argent en étalant au détour d'un salon ou d'une salle à manger des photos de famille. L'effet est immédiat : attroupement en masse devant les visuels, exclamations, visages que l'on reconnaît... ici le Pape, là un président de la république. Le Comte de Lastic a tout compris ! Il people-ise sa visite et étale sa vie privée sous les projecteurs de son château-gîte-salle-de-réception. Le visiteur en sort ravi, il a touché au sein des seins, il a vécu dans le secret des dieux. La télé-réalité a encore fait des ravages et la noblesse n'est plus ce qu'elle était.

Il ne se passe plus rien sur le petit écran depuis quelques mois !
Que l'été soit une période de vache maigre pour les téléspectateurs occasionnels dont je fais partie, soit. Il fait beau, les soirées sont longues et douces et il y a mieux à faire que de rester trainailler à proximité de son tube cathodique. Mais en général, avec les premiers frimas, le contenu télévisuel français a -parfois- tendance à reprendre un peu de consistance. Quelques bons films jalonnent les semaines et mois de rentrée.
Mais cette année, à ma grande surprise : rien.
Mais alors : rien, de rien !
Des séries, dont certaines sont de qualité je le concède, en pagaille, de la télé-réalité glauque et vengeresse en prime et puis un... grand vide !
In TV véritas ?
La télé française serait-elle à l'image de la vacuité des esprits de nos contemporains ? Serait-on en train de dire haut et fort au pdg de TF1 qu'il avait raison, mille fois raison, lorsqu'il définissait son métier comme une tâche visant à "libérer du temps de cerveau disponible pour la publicité" ?
J'ai bien peur que le pire soit en train de se produire !
Notre projet de voyage
à Rome s'est éloigné
comme il était arrivé :
sur la pointe des pieds !
(qu'il est difficile d'être l'heureux vendeur de son bien immobilier !)
(j'espère que BYB ne m'en voudra pas trop de lui voler
cette belle balade en Italie... promis, c'est pour très bientôt !)



