Un grand merci à Arte pour la rediffusion
du chef d'oeuvre d'Hitchcock.
Un grand film, de grands acteurs et la folie en toile de fond.
A mon humble avis l'un, sinon, LE plus grand film du Maître !

Un film et quel film ! Sorti en 2003, tout, la mise en scène, les décors, les costumes, le jeu des acteurs, l'atmosphère distillée tout au long du film, évoquent les grandes et belles (majestueuses) productions hollywoodiennes des années 50/60.
Le Cinémascope réinventé, réincarné, enfin !
Le jeu des acteurs est d'un sobriété extrême, il confère à cette oeuvre une vraie puissance.
Julianne Moore brille de classe et de sensibilité. Dennis Quaid, habitué aux super-productions "plan-plan", incarne ici un homme perdu, confronté à ses démons... son homosexualité refoulée et faisant craquer le vernis d'un homme d'affaires accompli.
Si le film fait référence à ceux de la grande époque d'Hollywood, le thème, lui, est d'une actualité encore brûlante : une femme, évoluant dans un milieu bourgeois et aisé se trouve confronté, dans l'amérique des années 50, à la différence, au racisme et à l'exclusion. Intégration de la minorité noire; homosexualité et puritanisme sont ici abordés avec une finesse rare, une retenue qui confine à la pudeur.
Une oeuvre majeure et belle, peu connue, mais à visionner absolument.

Les films de G. Oury sont parmis ceux qui ont le plus marqué mon enfance... délices de la Folie des Grandeurs et de son réveil h"or"loger; régal d'une 2CV qui explose en plein vol; saveur d'un bébél déluré et fantasque dans l'As des As... Faire rire, quel beau métier !

Dernier film visionné.
Un choc.
J'avais pourtant gardé une impression diffuse de la bande dessinée, un must selon les spécialistes, découverte il y a quelques 10 ans.
Mais je me rends compte après avoir vu l'adaptation cinématographique que je n'avais pas bien compris la portée de cette oeuvre. Le film m'a permis de réaliser que, même pour la bande dessinée, engagée, une certaine maturité s'impose.
Le film m'a donc fait l'effet d'une gifle.
Il présente, dans un futur assez proche, la vie quotidienne en Angleterre (troublant de voir des gens vêtus comme aujourd'hui, circulant dans des véhicules de série actuels...). La "perfide Albion" vit sous le joug d'un état totalitaire, dont le gouvernement est régi par un chancellier, entouré d'une milice, appliquant à tous les niveaux de la société une censure inexorable.
Bien sûr, il suffit de voir le visuel tiré du film (ci-dessus), pour comprendre que les références à l'Allemagne nazie sont légions. Mais là où le film fait fort c'est qu'il mêle très habillement à ces références les propres repères de notre société actuelle. Par exemple, la TV et les reality-shows vomissant à loisirs des idées prêtes à consommer sont les seuls programmes diffusés par une TV d'état, visionnée au quotidien par une populace au bord de la lobotomie.
Heureusement un justicier masqué, V, apparait pour mettre à bas ce régime totatlitaire avec des méthodes bien particulières...
Il y a, comme dans tout bon film américain, une histoire d'amour en filigrane. Très justement amenée, pas trop envahissante, assez belle en définitive et qui ne nuit en rien au propos. Tout y est ambigü, dangereux, comme le message que veut nous faire passer ce long métrage.
La bande annonce cinéma de V comme Vendetta jouait habillement sur le propos du film : était-ce une une super-production tirée d'un bande dessinée avec comme personnage central, un super-héros ou un film éminament politique et engagé ? Le marketing l'a emporté et le film a été vendu comme la super-production qu'il n'est pas. Il est par conséquent passé inaperçu, ou presque, lors de sa sortie. Dommage.
Je crois que les jeunes générations devraient se pencher un peu sur lui. Question d'éveiller leur sagacité à des dangers et des menaces bien réelles...pas si éloignés qu'on ne le croit...



